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LE CHIEN DU SAINT-BERNARD

Tout le monde connaît le « Saint-Bernard », énorme chien de montagne au prestigieux passé de sauveteur. Plus qu’une race canine, ce chien est une légende. Un animal mythique ! Donc étrange ? Donc digne du CERPI.

 

LES ORIGINES :

dscf6678Difficile d’établir la genèse du Saint-Bernard. Les hypothèses sont nombreuses. Descend-il du « borophagus », canidé datant de la quatrième période de l’ère tertiaire et dont les ossements, retrouvés en Californie, présentent un crâne bombé, des mâchoires imposantes et un nez retroussé ? Ou du « canis familiaris inostraszewi » dont les restes, remontant à l’âge de bronze, ont été retrouvés en Europe septentrionale ? Est-il une mutation géante du « canis familiaris palustris » qui vivait en Europe centrale à l’âge de la pierre polie ?

Dans sa thèse « Contribution à l’étude historique du rameau des molosses », Ribaucourt rattache le Saint-Bernard aux molosses. Les premières références au rameau des molosses datent de l’ère tertiaire. 

Le dogue du Tibet est considéré comme l’ancêtre le plus probable de toutes les races molossoïdes géantes. Il aurait été transporté des hauts plateaux d’Asie jusqu’en Mésopotamie et en Assyrie où il était utilisé pour le combat et la chasse. En Asie, des bronzes datant de 1300 avant J-C montrent comment les Hittites utilisaient ces chiens pour la garde et pour les invasions guerrières. Le bas-relief assyrien de Ninive, daté de 650 avant J-C et visible au British Museum de Londres, représente de gros chiens accompagnant leurs maîtres à la chasse.

Les légions romaines, impressionnées par la taille et la puissance des chiens, rapportèrent de leurs expéditions des « canis pugnaces » afin de les faire combattre dans les arènes contre des ours, des lions et des fauves. Ces combats se déroulaient en Molossie, ce qui donna son nom au « molosse ». Rendus féroces, les « canis pugnaces » étaient utilisés à des fins militaires. César indique dans « la guerres des Gaules » que des croissements eurent lieu avec d’autres races.

Puis vinrent les guerres contre la Gaulle et l’inévitable traversée des Alpes par les troupes romaines. Jusqu’à la seconde moitié du XIVème siècle, plus de traces des molosses dans les écrits ou les illustrations. Vraisemblablement, les chiens qui accompagnaient les Romains auraient profité du voyage pour se mêler aux races locales.  Passés dans le « domaine civil », ils auraient été utilisés comme chien de garde ou chien de chasse par la population. Ils s’acclimatèrent bien aux conditions météorologiques difficiles et se répandirent dans toute la montagne Suisse. Le premier portrait d’un chien ressemblant au Saint-Bernard date du XIVe siècle. Il figure sur le cimier d’un casque d’une famille de la noblesse suisse : La famille Heiligberg.

 

L’HEURE DE GLOIRE

F2La présence des moines dans les Alpes est très ancienne. Un monastère existait déjà au IXe siècle, à Bourg-Saint-Pierre. Au Xe siècle, le bâtiment fut détruit par les Sarrasins. Au siècle suivant, le moine augustin Bernard de Menthon fit reconstruire un hospice et un monastère au sommet du col (du Grand-Saint-Bernard), à 2469 mètres d’altitude.

Vers 1660-1670, des familles vaudoises et valaisannes offrirent des chiens de montagne aux moines afin d’assurer leur sécurité. C’est à cette époque qu’ils furent immortalisés dans un tableau attribué au peintre italien Salvator Rosa. Mais il faudra attendre 1707 pour que les chiens apparaissent pour la première fois dans les textes de d’hospice. Le prieur Ballalu explique comment l’animal actionnait une roue permettant de faire tourner une broche à cuire la viande. En 1735, il est fait mention de la réparation d’un collier. En 1800, le chanoine Murith relate comment, muni d’un bâton sur lequel était attachés deux vases fermés, les chiens suivaient un domestique jusqu’à la vacherie, distante de quatre kilomètres, et en rapportaient du lait et du beurre. Les chiens transportaient également le bois. Dans son ouvrage « Voyage dans les XIII cantons suisses » F. Robert raconte qu’en 1787, trente brigands tentèrent de s’emparer du coffre-fort de l’hospice. Les moines appelèrent les chiens en renfort. La seule vue des molosses mit les voleurs en fuite. À la fin du XIXe, les chiens accompagnaient le facteur pour livrer des courriers militaires dans les forts briançonnais ou à la frontière italienne.

Outre la méditation et la prière, le monastère avait aussi vocation d’accueil. Situé sur la route du pèlerinage reliant Canterbury à Rome, il offrait gîte et couvert à de nombreux voyageurs. Le climat montagnard est rude. Aujourd’hui encore, la température moyenne annuelle est de 1°C. La neige est présente huit mois sur douze et peut atteindre jusqu’à quatre mètres d’épaisseur. Les chanoines étaient conscients du danger. Les « marronniers »  sortaient le soir à la recherche des voyageurs égarés dans le froid. Ils leur apportaient des vivres et, éventuellement, organisaient les secours. Malgré l’aide des hospitaliers, les victimes étaient nombreuses. Leurs noms étaient consignés dans un registre nommé « obituaire ».

Vers la fin du XVIIIe siècle, les « marronniers », s’entourèrent des chiens. Ils les dressèrent à la recherche et au sauvetage. Haut et robuste, l’animal aidait à transporter les plus faibles à l’hospice. Et il se révéla doué pour l’exercice ! En effet, il peut détecter une présence jusqu'à six mètres sous la neige ! Il ne souffre pas du froid et peut rester longtemps dehors. Il a le sens de l’orientation ce qui lui permet de retrouver son chemin dans la neige. Enfin, il est sensible aux variations climatiques. On le dit capable de prévoir une tempête de neige ou une avalanche. La première narration d’un sauvetage par un chien est datée de 1774 mais elle a probablement été écrite quelques années après les faits. 

Puis vinrent les heures sombres pour la France et pour l’Italie.  La Révolution. Le premier empire. Les pèlerins firent place aux soldats. De 1790 à 1810, environ deux cent mille hommes passèrent le col du Grand-Saint-Bernard. Bon nombre s’égarèrent. Les chiens leur portèrent secours. Aucun homme ne fut laissé à l’abandon et seuls six soldats décédèrent à l’hospice durant cette triste période. Le 20 mai 1800, Napoléon Bonaparte et ses troupes, en route pour l’Italie, s’arrêtèrent à l’hospice. Les moines les hébergèrent. Reconnaissant, Napoléon offrit aux moines une forte somme d’argent et le titre de fonds de rente pour l’entretien de leur couvent. Il ordonna également la création de deux nouveaux hospices, au col du Simplon et au Mont-Cenis.

Les chroniques de l’époque vantèrent les exploits des chiens qui devinrent populaires dans toute l’Europe. À tel point qu’encore aujourd’hui, les anglais les surnomment « les saints ».

 

BARRY L’EXCEPTIONNEL !

F1Voilà un chien qui mériterait à lui seul un article. Né en 1800 à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, il fut baptisé Barry ce qui signifie « petit ours » en patois Bernois. La légende raconte que ce chien sentait le danger et se précipitait de son propre chef à la rencontre des malheureux voyageurs. Il aurait porté secours à quarante personnes. Mais son exploit le plus célèbre demeure le sauvetage d’un enfant de six ans dont la mère venait de périr dans les montagnes. Il réanima le petit en lui léchant le visage et les mains. Comme l’enfant, engourdi par le froid, ne pouvait plus marcher, le chien le ramena sur son dos jusqu’à l’hospice.

Lorsque Barry fut âgé, le Prieur l’envoya se reposer dans un gîte proche de Berne. Il y passa une vieillesse tranquille et s’éteignit, deux ans plus tard, à l’âge de quatorze ans. Son corps, naturalisé, fut explosé au musée historique. Une copie est toujours visible au musée d’histoire naturelle de Berne.

Un monument en sa mémoire fut érigé en juin 1900 à l’entrée du cimetière des chiens, à Asnières-sur-Seine, en banlieue parisienne.

Les années qui suivirent la disparition de Barry, les chanoines de l’hospice prirent l’habitude de donner son nom au plus beau mâle du chenil.

 

EVOLUTION DE LA RACE

Conscients des dangers d’une consanguinité excessive, les chanoines entreprirent de croiser leurs chiens avec une autre race de molosse : Le Terre-neuve. Une nouvelle espèce, plus robuste, plus massive et aux poils plus longs, vit alors le jour. Mais cette modification génétique ne fut pas sans conséquence. Le long pelage retenait l’eau ! Alourdi, l’animal devenait inapte au sauvetage. Dans un premier temps, les moines n’attelèrent les chiens à poils longs qu’aux corvées. Puis ils se résolurent à céder une partie de leurs chiens à des éleveurs locaux.

Parmi ces éleveurs se trouvait le suisse Heinrich Schumacher (1831 / 1903). En fin connaisseur, Schumacher sélectionna des spécimens et tenta de récréer la race originelle, jusqu’alors propriété de l’hospice. Fière du résultat, Schumacher nomma son chien « Saint-Bernard », en référence à son lieu de provenance. Les chiens des moines étaient déjà connus sous ce nom avant Schumacher, mais ce n’était qu’un sobriquet parmi d’autres (Mastiffs alpins, chiens alpins, chiens du couvent, chiens de l’hospice, chiens Barry…). C’est en 1823 que le nom de Saint-Bernard fut mentionné pour la première fois par écrit. Mais ce n’est qu’à l’exposition de Birmingham, en 1862, qu’il fut adopté par le public. La race fut reconnue d’origine suisse et son standard adopté lors d’un congrès européen cynologique, en juin 1887, à Zurich.

Heinrich Schumacher établit des documents généalogiques pour ces chiens à partir de 1867. Le livre des origines suisse fut ouvert en février 1884 et le premier chien inscrit fut un Saint-Bernard nommé Léon. Le club Suisse du Saint-Bernard fut fondé à Bâle le 15 mars 1884.

Le Saint-Bernard est suisse et pourtant, ce furent les Anglais qui fondèrent le premier club pour la protection de la race, en 1882.

Les anglais s’opposèrent, dès 1887, à la signature du standard international au congrès de Zurich. Afin d’accroitre la taille des chiens, ils entreprirent des croisements avec une vieille race anglaise, le Mastiff. Résultat : Un chien plus lourd et plus lent, morphologiquement différent de son cousin suisse.

« Lord Bute », que l’on vit pour la première fois à l’exposition canine de Sheffield en 1887 était, selon les chroniqueurs de l’époque, le plus grand chien de l’histoire ! Il mesurait 109 centimètres au garrot, 120 centimètres de périmètre thoracique et pesait 112 kilos.

En Angleterre, seule la lignée « Bowden » est restée fidèle au Saint-Bernard d’origine.

Dans les années 1940, l’éleveur italien Antonio Morsiani créa l’élevage du Secours. Cet élevage produisit plus de quatre cents champions ! Parallèlement, Morsiani mesura des centaines de Saint-Bernard et réalisa des dessins explicatifs du standard. Les notes et les dessins du maître sont conservés dans la « fondation Antonio-Morsiani », installée dans la villa Morsiani à Bagnara di Romagna.

Après la guerre, en Allemagne et en Suisse, la race du Saint-Bernard avait pratiquement disparu. Les grands chiens étaient devenus trop coûteux… Mais grâce à l’Italie, qui maintenait la race, l’élevage put reprendre dans ces deux pays. La Suisse s’orienta vers des chiens à l’ossature plus légère alors que l’Allemagne privilégia les chiens beaucoup plus lourds. Seule l’Italie perpétua le standard d’origine, appelé depuis « le type italien ».

En 1967, création du WUSB et en 1998 du forum international du Saint-Bernard. La Suisse, l’Allemagne, l’Italie et le Danemark se mirent d’accord sur les canons communs de la race et collaborèrent pour obtenir un type de chien idéal, à la fois fonctionnel et « embelli ». Ainsi,

- La taille d’un mâle doit être comprise entre 70 et 90 centimètres. Son poids entre 55 et 80 kilos. La taille d’une femelle doit être comprise entre 62 et 82 centimètres. Son poids entre 51 et 72 kilos.

- L’animal est fortement charpenté et musclé. Le dos est large et droit, la poitrine profonde. Les côtes sont bombées. Le cou est fort, légèrement arqué. Les pieds sont larges.

- Si le poil est court, il doit être dense, brillant et dur. S’il est long, il doit être légèrement ondulé. La fourrure est plus abondante autour du cou et au niveau des pattes postérieures. Le fond de la robe est blanc avec des taches rouille-brun qui doivent former un manteau continu sur le dos et les flancs. La poitrine, le cou, les pieds et le bout de la queue sont blancs. Le masque et les oreilles sont brun foncé.

- Le crâne est large, la tête est imposante, carrée, le museau court. Les oreilles sont de tailles moyennes ou grandes, triangulaires, larges, attachées haut et pendantes. Les yeux sont sombres ou noisette, en forme de losange. La paupière inférieure est tombante.

- La queue est longue, lourde et attachée haut. Elle est très empanachée chez les sujets à poils longs.

Comme toutes les races, le Saint-Bernard présente des faiblesses :

- Sa croissance et sa prise de poids sont rapides, ce qui peut fragiliser son squelette. Il faut éviter de lui faire faire de l’exercice lorsqu’il est petit car cela peut entrainer des problèmes articulaires. Il est génétiquement touché par la dysplasie de la hanche et/ou par la dysplasie du coude. Il a été démontré que l'ostéosarcome (cancer des os) est héréditaire chez cette race.

- Il est sujet aux torsions d’estomac, affection très grave qui peut entraîner la mort. Les tentatives de vomissement, les ballonnements et l’agitation sont les signes avant coureurs du problème.

- Il est sujet aux troubles de la vue tels que l'entropion et/ou l'ectropion (la paupière se retourne en avant ou en arrière). Le standard de la race indique qu'il s'agit d'un défaut majeur. Les yeux coulent et doivent être nettoyés régulièrement.

- Il souffre parfois de « dysthymie », une période agressive de quelques jours. Il s’agit de  troubles fréquents chez les molossoïdes. Heureusement, l’agressivité sévère est rare. Peu de risques de voir son Saint-Bernard se transformer en « Cujo ». Dans le roman de Stephen King, le chien était atteint de la rage et non de troubles du comportement.

- Il est sensible aux crises d'épilepsie, à une maladie cardiaque (la cardiomyopathie dilatée) ainsi qu’à l'eczéma.

En raison de ses probables problèmes de santé, l’espérance de vie pour un Saint-Bernard n’est que d’environ huit ans. Les sujets qui vivent plus de dix ans sont rares.

Les problèmes de santé ne sont pas les seules contraintes liées à la race :

- Comme tous les grands chiens, il tient beaucoup de place. Sa taille, son poids, sa masse musculaire le rendent souvent gauche et brusque, plus proche de « Beethoven » que de « Barry ».  Un véhicule spatieux est nécessaire pour le transporter.

- Adulte, il a besoin de grands espaces, d’un terrain naturel avec des zones d’ombre afin qu’il puisse se protéger du soleil (le ciment et les dalles retiennent la chaleur). Ce n’est pas un chien citadin. Il est musclé et apprécie l’activité physique et les longues balades. Même s’il bénéficie d’une grande surface, les promenades restent nécessaires afin de maintenir des liens sociaux. Le Saint-Bernard n’est pas un solitaire. Il aime aussi passer du temps dans la maison, en compagnie de son maître.

- Il atteint sa taille définitive à environ trois ans. Arrivé à l’âge adulte, le chien consomme environ un kilo de nourriture par jour, ce qui représente un budget non négligeable. Pas de friandises, de sucreries ou de restes de repas. Sa ration doit être distribuée en plusieurs fois et ses aliments facilement digérables afin de limiter les problèmes gastriques.

- Ses bajoues tombantes le font baver sans cesse.

- Son pelage, fourni, nécessite un brossage hebdomadaire. Pour les chiens à poils longs, il est nécessaire de démêler les parties situées derrière les oreilles et la culotte. Si le chien vit à l’extérieur, des parasites peuvent se nicher dans ses poils et ses oreilles et entrainer des  maladies graves. Il faut contrôler les yeux et les oreilles quasiment tous les jours et laver le chien régulièrement.

- Le Saint-Bernard a un caractère doux mais c’est aussi un animal têtu, voir cabochard. Ce n’est pas parce qu’il a longtemps été chien de sauvetage qu’il est attentif et obéissant. Afin d’éviter qu’il entre en conflit avec son maitre, il est nécessaire de lui imposer une éducation stricte. N’oublions pas que sa première fonction à l’hospice était de monter la garde !

 

LA CHUTE :

Le Saint-Bernard d’aujourd’hui est bien différent de son cousin élevé naguère par les moines. Il est plus petit et plus massif. Autrefois le plus réputé des chiens de sauvetage en montagne, le Saint-Bernard n’est plus utilisé pour le secours. Ses capacités de recherche et d’excavation ne sont pas remises en cause. Mais il est coûteux à entretenir et long à instruire. Sa taille et son poids le rendent difficilement transportable en hélicoptère. Il est trop lourd pour intervenir en cas d’avalanche. Il a été remplacé dans ses missions par des chiens plus légers et plus réceptifs, tels que le Berger-Allemand, le Labrador ou le Golden-Retriever.  

Des éleveurs peu scrupuleux ont dégradé la race. Le commerce parallèle des pays des l’Est a accentué le phénomène. Sur le marché canin, on trouve des Saint-Bernard d’exception, mais aussi des chiens de second groupe… Voir de bas niveau. Le grand chien au flair incomparable, calme, gentil avec les enfants, n’est pas garantie 100%. La prudence est de mise dans le choix de son compagnon.

Mais c’est en Asie que le sort du Saint-Bernard est le plus déplorable. Sa croissance rapide, ses portées de dix à douze chiots, font de lui un animal de consommation. Il est prêt pour le marché alimentaire en seulement trois à quatre mois. Là-bas, manger du Saint-Bernard ne pose pas de problème de conscience. Loin de le considérer comme un héros, les chinois le surnomment « le grand chien stupide ».

PRÉSERVER LA MÉMOIRE :

Saint-BernardLongtemps, l’hospice du Grand-Saint-Bernard conserva son chenil… Mais plus pour le tourisme que pour l’élevage. Les chiens visibles alors portaient un tonneau autour du cou afin de correspondre à l’image que les voyageurs se faisaient d’eux. Jamais du temps de sa gloire le Saint-Bernard n’est parti à la recherche des égarés avec un tonnelet d’alcool autour du cou ! Cela l’aurait encombré dans ses déplacements et ses recherches. Sans compter les risques d’hypothermie pour la victime... Mais cette image, véhiculée par les peintres Edwin Landseer et John Emms, est restée attachée à l’animal dans l’imaginaire populaire.

En septembre 2004, les Chanoines, de moins en moins nombreux, durent fermer leur chenil. En avril 2005, grâce à la générosité d’une mécène, la fondation « Barry du Grand-Saint-Bernard » vit le jour. Située à Martigny, du côté Suisse de la route du col du Saint-Bernard, cette fondation à pour objectifs de poursuivre l’élevage des chiens et d’assurer leur présence au col. Parallèlement à l’élevage, la fondation a ouvert un musée consacré à l’animal. 

Créé au début du XXe siècle, le « club français du Saint-Bernard et du dogue du Tibet » a pour but de maintenir et de promouvoir la race dans l’hexagone. Le club est affilié à la Société Centrale Canine et agréé par le ministère de la l’agriculture. Il forme des juges et experts de concours. Il organise des expositions de la race et vérifie les pédigrées.

Le club français du saint-bernard et du dogue du Tibet - 98 Rue Émile Zola – 69210 L'Arbresle

 

Bien qu’il ait été remis au goût du jour par les films « Beethoven », le Saint-Bernard est aujourd’hui un animal de compagnie atypique. Présent dans les Alpes, les Pyrénées et la Suisse, il est peu répandu dans le reste de la France. Pas facile pour ce gros gabarit de trouver sa place dans un monde de plus en plus standardisé.

Un article de Sylviane P. correspondante du CERPI que nous remercions vivement et qui est également douée pour le dessin !