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Des clowns terrorisent en Belgique !

L'information n'est pas anodine.  Cela n'a rien de marrant non plus et l'affaire ne doit pas être prise à la légère.

Il est vrai que, au début, on pouvait se permettre de relativiser et se dire qu'il ne s'agissait que d'un phénomène de mode qui aurait pris sa source aux USA.  Autant dire "le bout du monde" et, dans un habituel "élan de solidarité générale" : puisque c'est loin de chez nous, on n'en a rien à cirer !  C'est aller un peu vite en plus d'être égoïste mais, surtout : les choses ont bien changé !

En effet, les clowns qui terrorisent la population ou des personnes isolées ont fait d'abord leur apparition dans le Nord de la France et le Pas-de-Calais.  Cela veut dire : le long de notre frontière avec le pays ami voisin.  A peine à une cinquantaine de kilomètres du siège du CERPI !  Mais nos clowns (mauvais) farceurs et croquemitaines de ciorconstance, qui ne se contentent pas de créer une sacrée frousse ou un profond malaise à certains, se sont encore dangereusement rapprochés du pays des moules et des frites et s'y sont d'ailleurs tout simplement implantés.  En tous cas, la région semble leur plaire !  Après avoir sévi du côté de Douai, de Mouscron et de Tournai, ces êtres grimaçants ont été signalés à Gosselies (Charleroi), La Louvière, Colfontaine (Mons) et même à Ecaussines, jusqu'ici le patelin le plus proche du Centre d'Etudes.

CaNos  mauvais plaisantins s'en moquent bien, eux qui poursuivent ces demoiselles à cyclomoteur à bord d'une voiture, à quatre individus masqués pour faire bonne mesure, et armés de machettes !  La plaisanterie n'a rien de drôle lorsque l'on en arrive à de pareils faits et, par conséquent, les victimes ont très logiquement déposé plainte.  Le journal La Dernière Heure abordait récemment le sujet : 

http://www.dhnet.be/regions/mons-centre/les-clowns-terrorisent-le-borinage-544a14943570fe7cfbf7efdd

Nous le disions plus haut, si le phénomène provient très probablement d'une forme de divertissement (un défi Facebook, une imitation de certaines sorties cinématographiques, etc.), il a pris de l'ampleur et a de quoi inquiéter.  Dans certains cas, les choses ont déjà été portées devant un tribunal, un mort nous a été signalé (mais nous n'en trouvons pas la confirmation jusqu'ici). Le malaise est en tous cas très bien décrit chez Sudinfo : 

http://www.sudinfo.be/1129312/article/2014-10-21/des-clowns-malefiques-qui-terrorisent-les-enfants-aux-portes-de-la-belgique-une

Et les choses risquent de tourner mal.  Il est arrivé, mais on s'en serait doutés, que des personnes prennent les devants et décident de se défendre en faisant la chasse aux clowns.  C'est ce qui est arrivé à Mulhouse où des jeunes ont tenté de s'expliquer de manière très musclée avec l'un des fauteurs de trouble déguisés, à l'aide de marteaux, de matraques et de battes de base-ball.

http://www.sudinfo.be/1131742/article/2014-10-23/cinq-jeunes-interpelles-avec-des-marteaux-et-des-battes-de-baseball-alors-qu-ils

Cas de légitime défense ?  Il faut toujours être pondéré face à ce type d'affirmation.  D'un côté, on peut avoir des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ne sont animés d'aucune autre mauvaise intention que de faire une simple blague en période de pré-Halloween mais ne comprennent pas la psychose qu'ils sont en train de contribuer à colporter.  En face, on a des gens qui - en d'autres temps se trouveraient simplement amusés s'ils ne sentaient pas leur sécurité menacée - se trouvent confrontées à des personnes masquées dont on ne peut deviner la volonté réelle.  Le problème c'est que la réaction risque de se faire tardivement... et d'être fatale.  Ou anticipative et tout aussi regrettable !  Point n'est besoin de quatre coups de machette pour envoyer quelqu'un à l'hôpital avec de très sévères blessures, voire à la morgue.  La publicité se faisant et la psychose s'installant, des personnes âgées et/ou au coeur fragile peuvent faire des malaises, éventuellement graves.  L'image a été lancée et peut-être aggravée par ce scénario vécu tout récemment aux Etats-Unis, dans lequel un individu barbu, apparaissant à visage découvert et agissant en plein jour, s'en est carrément pris à des policiers à coup de hache !  Ici, il ne s'agissait pas d'un clown, l'intervention était brutale et soudaine, imprévisble.  Mais elle est marquante.  Les choses sont plus insidieuses et terrifiantes lorsque des individus agissent seuls ou en bande, avec des intentions équivoques, l'anonymat garanti par un masque en principe lui-même anodin.

Ca2Comme le faisait très justement remarquer ce policier : il est interdit d'évoluer en rue en étant masqué en dehors de la période de Carnaval.  Dans le cas présent, les plaisantins risquent une forte amende et même une peine de prison.  La police (sur)veille et poursuit, mais elle ne peut être partout.  Toutes les occasions et les prétextes sont bons.  En Belgique, certains y ont vu matière à incriminer le gouvernement en signalant non sans humour que: "nous avons des malades déguisés en clowns qui terrorisent la population et, au gouvernement, des clowns déguisés en malades qui en font autant !"  En raison des couleurs parfois majoritaires de certains clowns, des rapprochements sont parfois faits avec des partis politiques ou bien on stigmatise une région pour son apparente pauvreté.  Bientôt, on verra sous le masque désormais terrifiant de ces clowns, de tristes sires aux idées ou sympathies néonazies ou l'influence d'une opposition désespérée mais bien décidée.  Bref : tout un ensemble de n'importe quoi qui, en attendant, ne fait pas l'affaire des victimes.

Mais que fait donc le CERPI ?

Bien que les choses se passent dorénavant quasiment à ses portes, le CERPI n'est pas directement concerné par cette affaire.  Il s'agit du comportement marginal et déphasé de certains individus aux intentions plus que douteuses dont les agissements relèvent de la police et non du Groupe d'Etudes et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués.  Même si ce nouveau phénomène procède de la terreur, celle-là même qui peut saisir à la gorge les individus confrontés à des manifestations surnaturelles et même si le cas présent fait immanquablement penser au roman de Stephen King : "Ca" (It en anglais) avec toutes les extrapolations que l'on peut imaginer, il ne faut pas céder à l'amalgame.  Le CERPI, qui n'a pas de prérogatives judiciaires, n'a ni les moyens ni le droit d'intervenir en la matière qui, d'ailleurs, échappe à ses objectifs directs.  Nous ne sommes pas confrontés à un mystère, une énigme, un phénomène surnaturel ou paranormal, les clowns ne sortent pas non plus d'un vaisseau spatial et nous ne faisons pas les clowns nous-mêmes !  Cependant, nous redoutons les débordements.

Il y a, en effet, au CERPI, de fortes têtes et des gros bras sans affectation particulière pour ce genre de choses et éventuellement sollicités dans des cas jusqu'ici rarissimes, sans aucun rapport avec le cas présent.  Nous ne pouvons présumer de leurs agissements ou réactions qui se feraient en dehors de toute injonction du groupement et sous leur entière responsabilité, déclinant totalement la nôtre : le CERPI rappelle ici une fois encore qu'en dépit de la dangerosité potentielle de ces individus masqués, nous ne sommes nullement mandatés pour régler cette question, encore moins par la force et nous ne pouvons en aucun cas nous substituer aux forces de l'ordre.  Notre avertissement est donc très clair.  Par contre, les éléments en question, comme n'importe quel quidam s'entend, sont invités - le cas échéant - à signaler aux forces de police la présence ou les agissements de clowns inquiétants évoluant sur la voie publique.  En dehors de la classique assistance à toute personne en danger, valable pour tout le monde, le rôle des particuliers s'arrête là et l'on ne peut se rendre justice soi-même (surtout anticipativement !)

Maintenant, évidemment, que la personne qui se verrait réellement menacée se défende, c'est une autre affaire.  Que des clowns tombent sur un os, c'est aussi prévisible.  C'est d'ailleurs déjà arrivé avec ce patron de friterie qui a poursuivi un plaisantin.  Les choses se sont terminées par un jet de bombe lacrymogène et l'intervention de la police qui a appréhendé l'individu, déjà connu de leurs services pour des faits mineurs.

Le début d'une psychose ?  Un feu de paille ?  L'avenir nous le dira !

En attendant, nous invitons les personnes éventuellement concernées à prendre connaissance de notre article sur la coulrophobie (la phobie des clowns).

Dernière minute

Aux dernières informations, il semblerait que le phénomène prenne (encore) de l'ampleur, augmentant ainsi le climat de tension régnant autour des clowns qui, décidément, n'ont plus rien d'amusant.  Lire à ce sujet l'article de RTL-INFO :

http://www.rtl.be/info/monde/international/1136253/des-clowns-agressifs-sement-la-terreur-dans-le-sud-de-la-france?utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter-rtl-info-14-10-26&utm_source=Newsletter-rtl-info

ou encore:

http://www.rtl.be/info/votreregion/hainaut/1135832/etrange-psychose-au-faux-clown-a-tournai-j-ai-vu-un-clown-avec-des-marteaux-sauter-sur-un-groupe-de-filles-